De quoi c'est fait, et d'où ça vient

Suivez-nous :
Conseils & inspirations Pour aller à l’essentiel
Idées pratiques Ce qui marche vraiment
Nouveaux articles Chaque semaine
Newsletter Nos idées par mail S’inscrire

Plaqué, doublé, massif : trois mots, trois durées

Avatar de Solveig Kerambrun

·

4 min de lecture Soyez le premier à noter

« Plaqué », « doublé », « massif » : trois mots qui reviennent sur les étiquettes de bijoux et qu’on suppose souvent proches en qualité, alors qu’ils recouvrent des épaisseurs d’or qui varient d’un facteur de plusieurs dizaines entre le plus fin et le plus épais. Cette épaisseur, invisible à l’œil nu au moment de l’achat, décide pourtant seule de la durée de vie réelle du bijou.

Le plaqué or, une couche mesurée en microns

Le plaqué or consiste à déposer, par un procédé électrolytique, une fine couche d’or sur un métal de base comme le laiton ou l’alliage de cuivre. Cette couche se mesure en microns, une unité minuscule qui correspond à un millième de millimètre, et son épaisseur varie fortement d’un fabricant à l’autre sans qu’une règle unique impose un minimum universellement appliqué. Une couche de quelques dixièmes de micron s’use en quelques mois de port quotidien, quand une couche de plusieurs microns tient sensiblement plus longtemps avant que le métal de base ne réapparaisse.

Cette usure se manifeste d’abord aux points de frottement les plus sollicités : l’intérieur d’une bague au contact du doigt, le dos d’un fermoir, les maillons d’une chaîne qui glissent les uns contre les autres à chaque mouvement. Un plaqué or de qualité correcte peut retarder ce moment, mais aucune épaisseur de placage ne l’évite indéfiniment.

Le doublé or, une épaisseur nettement supérieure

Le terme « doublé or », parfois appelé « or laminé », désigne une technique différente : une couche d’or nettement plus épaisse que le plaqué électrolytique, mécaniquement liée à un métal de base par pression et chaleur plutôt que par dépôt électrique. Cette épaisseur supérieure, qui représente en général une proportion significative du poids total de la pièce, lui confère une résistance à l’usure sensiblement meilleure que le plaqué, tout en restant très inférieure à celle d’un bijou massif.

La confusion entre plaqué et doublé reste fréquente dans le langage courant des boutiques, alors que l’écart d’épaisseur entre les deux techniques change directement le nombre d’années avant l’apparition du métal de base sous la couche d’or.

Le massif, une même matière du cœur à la surface

Un bijou massif est composé du même alliage d’or sur toute son épaisseur, sans distinction entre une couche de surface et un cœur différent. Une bague massive qui s’use, se raye ou se ternit peut être polie, refondue ou réparée par un bijoutier sans jamais craindre de faire apparaître un autre métal en dessous, puisqu’il n’y en a pas. C’est cette homogénéité qui justifie l’écart de prix avec les techniques de placage, bien plus que le seul poids d’or contenu.

Nous détaillons dans notre article sur les fibres textiles et leur façon de vieillir une logique très proche : dans le bijou comme dans le vêtement, une surface homogène se répare, une surface rapportée s’use jusqu’à disparaître. Pour vérifier les usages normalisés autour de ces appellations, l’article consacré au plaqué or sur Wikipédia reprend les procédés de fabrication en détail.

Reconnaître l’usure avant qu’elle ne s’aggrave

Un léger changement de teinte à un endroit précis du bijou, souvent plus jaune pâle ou plus rosé que le reste de la pièce, signale en général les tout premiers signes d’usure d’une couche plaquée ou doublée, avant même qu’une trace métallique franche ne devienne visible. Repérer ce signal tôt permet de réduire la fréquence de port de la pièce concernée, ou de la faire retraiter par un bijoutier avant que le métal de base n’apparaisse totalement.

Éviter le contact direct et prolongé avec l’eau chlorée, les parfums vaporisés directement sur le bijou ou les produits ménagers accélère sensiblement la préservation de la couche de surface, qu’il s’agisse de plaqué ou de doublé : ces substances attaquent chimiquement la fine pellicule d’or bien avant que le simple frottement mécanique ne fasse son effet.

Un choix qui dépend de la fréquence de port

Un bijou porté occasionnellement, pour une occasion précise, supporte très bien un plaqué ou un doublé de qualité correcte, l’usure ayant peu d’occasions de s’exercer. Un bijou porté quotidiennement, en revanche, comme une alliance ou une chaîne qu’on ne retire jamais, justifie plus facilement l’investissement dans une pièce massive, dont la durée de vie ne dépend d’aucune épaisseur de surface à préserver.


Avatar de Solveig Kerambrun

À lire aussi